Photoquai

Cette photographie est un exercice de style, l’exploitation d’une situation “magique circonstancielle” dirait André BRETON.

PHOTOQUAI s’installe tous les deux ans quai Branly et, comme elle se décrit elle-même, “met en valeur une photographie du monde entier qui donne à voir un ailleurs vu de l’ailleurs.”

Au centre de cette exposition en plein air, une signalétique : un grand panneau lumineux où les lettres “ P H O T O Q U A I ” se détachent, en blanc et jaune, sur un fond rouge vif.

En passant devant, je ne vis - comme par hasard - que les trois lettres “H O T” se détacher sur fond rouge. J’étais avec une amie et j’avais mon appareil photo : On va jouer un peu...
Je lui demandai de se placer en avant du panneau de façon à ce que son corps cache la lettre “P”.
En cadrant serré à droite, je supprimai les lettres “O Q U A I”.

Seule subsistait sa silhouette, dans une pause à la James Bond’s girl, se détachant sur fond rouge, avec les trois lettres HOT. Tout était dit sans retouche, sans incrustation !

Il faisait très froid. Trouver la bonne position et la bonne pause n’a pas été évident. J’ai fait poser Sandrine assez longtemps, sans manteau, juste en blouson. Elle est restée enrhumée une bonne semaine.









Brigitte

Brigitte : Sylvie Hoarau, la brune ; Aurélie Saada, la blonde.

Avril 2011 - Brigitte sort l’album Et vous tu m’aimes ? Il deviendra disque de platine. Pour en arriver là, il leur faudra le défendre à la télévision, à la radio, sur scène.

Octobre 2011 - Leur album est dans les play-list des radios. Joey Starr salue leur reprise de Ma Benz. Elles commencent à bien tourner. Ce dimanche là, je les aperçois, totalement par hasard, sur une scène de plein air, en banlieue parisienne. Peut-être 500 spectateurs à tout casser. Gros et bon son, boules d’énergie et c’est parti pour Coeur de chewing-gum, Battez-vous, La vengeance d’une louve, Ma benz, Oh la la…

Je viens au premier rang sans difficulté. Elles ont sorti les robes lamées. Je sors le flash. Je me retrouve dans la position privilégiée du photographe de spectacle, à quelques mètres des artistes, sans bousculade, avec tout mon (leur) temps.

La machine à succès ne s’était pas encore emballée. Brigitte était encore accessible. C’était avant le Zénith, avant leur récompense aux Victoires de la musique, avant le festival de Cannes...









Nord Pinus 2

15 minutes séparent cette photo de "Fin de saison (à Nord-Pinus)".
Même modèle, même endroit, même fauteil, même éclairage naturel au seul soleil tamisé d'un rideau.
Le noir et blanc, les contrastes poussés soulignant les trajets de lumière, les lunettes de Sandrine, sa pose plus recherchée en font une image bien plus sophistiquée et si différente de la précédente... alors que si peu de choses ont changé.





Fin de saison (Nord-Pinus 1)

Massacrer (photographiquement...) un modèle est bien plus facile que le magnifier : débuter la séance tôt le matin, choisir un éclairage et des couleurs fades et passées, pas de maquillage, pas de coiffure, une pose et une expression neutre ou triste, des ombres portées qui affaissent et déforment les formes...
Le résultat vaut pourtant la peine d'accepter stoïquement ces séances où le modèle n'est pas à son avantage.
J'aime la sobriété mélancolique de cette photo.
A quoi pense-t-elle, le regard dans le vague, le corps défait ?
Le titre "Fin de saison" peut s'interpréter de tant de façons.

Pour la petite histoire,la séance a eu lieu à Arles, dans l'hôtel Nord Pinus, où Helmut Newton a réalisé cette photographie de Charlotte Rampling.






Le transi

Pour son ouverture, en mai 2010, le Centre Pompidou de Metz organisa l'exposition "Chefs-d'Oeuvres ?".
Dans la grande nef, cette reproduction du Transi de Ligier Richier. "Transi" doit se comprendre, ici, comme au XIIè siècle: "transi de vie", "trépassé" ou encore dans ce moment de transition entre la vie et la mort.
Le Transi représente René de Chalon, prince d'Orange, tué au siège de St-Dizier en 1544.
Trois ans après sa mort, sa veuve aurait demandé au sculpteur une image de son époux tel qu'il serait si on ouvrait son tombeau.
La sculpture et sa mise en lumière étaient si poignantes que de nombreux visiteurs s'arrêtaient, confrontés sans prévention à sa force morbide.
L'éclairage choisi par le musée ressemblait à celui d'une séance de studio en clair-obscur... avec une différence de taille : le flash n'était pas autorisé.
Je pris mon temps pour gérer au mieux la dynamique trompeuse de la scène, entre un pinceau intense de lumière blanche et un fond uniformément noir.












Je choisis un cadrage aussi frontal que la puissance de l'oeuvre.
Le mode portrait ainsi que le noir & blanc s'imposèrent.




Le transi Ligier RICHIER


Fumée de nuage

Ivry sur Seine.
La rue Victor Hugo débouche sur l'usine d'incinération des déchets et ses cheminées de 80 mètres. Le vent s'était chargé, juste avant mon arrivée, de créer cette composition parfaite où s'entremêlaient les fumées et les nuages à l'arrière-plan. Je me suis placé au milieu du pont qui enjambe les voies de la gare d'Austerlitz. En une minute, j'avais ce que je voulais.
"L'économie de moyens" de cette photo me plait : une cheminée qui fume, des nuages. Point.


  • J'ai longuement hésité entre _dsc070 et _dsc072. J'ai opté pour cette dernière car elle comporte plus de ciel au-dessus des nuages. Elle laisse respirer le haut de la photo.
  • Couleur ou pas ? Finalement, je m'en suis passé pour en rester aux textures et aux formes auxquelles le noir et blanc donne un relief particulier.




Fumée de nuage


Oiseaux

Bibliothèque Nationale de France. Un vent d'enfer, au pied de la façade extérieure de la Tour des Lettres.
Cette photo est le premier format carré de ce blog. Pas de largeur, pas de longueur, le carré n'impose aucun sens de lecture. Il est le format des géométries, des symétries et permet d'exploiter des compositions centrées, habituellement bannies des formats rectangulaires. Tout ramène en son centre et la perfection de ses proportions le rend froid, dur, "mastoc". Peu d'appareils numériques permettent un cadrage direct "carré". Il se découvre, ou s'impose, à la retouche.
J'avais cherché initialement à partager la photo en trois :
  • la partie sombre de la façade, à gauche,
  • sa partie claire,
  • le ciel sur toute la partie droite.


La partie sombre, bien trop importante, étouffait totalement l'ensemble: ennuyeux quand on souhaite susciter le sentiment inverse. En cherchant à supprimer cette verticale noire, le carré est devenu évident. Et puis - histoire de jouer des contrastes formels - inscrire la liberté de deux corbeaux qui jouent à Jonathan Livingston au sein d'un format très "emprisonnant" et normatif était vraiment tentant...




Oiseaux


La Vénus de Milo au balai

Je prends mes cours de photographie au musée, lorsque je me pose devant un Maître pour essayer de comprendre son utilisation de la composition, de la lumière, de la couleur, pour fixer l'instant et transmettre l'émotion. Mais les musées ont un deuxième intérêt : Les visiteurs, les guides, les agents d'entretien, les gardiens y jouent "de petits spectacles ordinaires" en décalage complet avec le lieu. Je m'arrête souvent dans une salle non pas pour les oeuvres qu'elle contient mais pour le ballet qui, parfois, s'y déroule.
Et puisque nous parlons de ballet...
Pour cette Vénus de Milo, après avoir médité sur trois bons angles de vue, j'attendais l'entrée en scène des acteurs. Je commençai par fixer quelques mimiques et poses de visiteurs se prenant en photo, mais rien d'extraordinaire. Je photographiais depuis une heure dix et commençais à me dire que, cette fois, la pêche n'allait pas être très bonne quand ce balayeur entra par la droite. Son nettoyage linéaire et méthodique de la salle - en partant du fond - allait, tôt ou tard, se heurter à l'obstacle du socle. Je me plaçai sur mon "repère numéro un", intéressé par la résolution du problème. Notre homme enjamba alors la petite rambarde, balaya le pourtour de Vénus et reprit sa trajectoire,tout aussi méthodiquement.



Un peu de chance rend la première photo vraiment supérieure aux deux autres :
  • Tout d'abord, elle est la seule où l'on voit le visage et il bénéficie de l'éclairage de la Vénus. J'y lis cette lassitude qui rend hermétique à la beauté.
  • Et puis ce bras... qui semble prolonger le mouvement du bras manquant de la Vénus.
L'histoire ne serait pas complète si, un mois avant, je n'avais pris cet autre balayeur qui, lui, n'a pas osé franchir la rambarde. Que peut-il se passer dans la tête de ces deux personnes pour que l'une pénètre dans un "périmètre sacré" et l'autre pas ?






La Vénus de Milo au balai


Chien battu

Paris - Salon de l'agriculture.
Cet homme (ainsi que celui sur la gauche de la photo) patientait près du ring de concours, encore occupé par les taureaux. Dans quelques instants, il allait y présenter son chien. Il accepta de se laisser photographier, probablement persuadé de mon intérêt pour son animal. Je visais bien au-delà ! Je cherchais à capter la similitude des regards entre le chien et son maître et cette sorte "d'harmonie" ou "d'identité" qui semblait se dégager d'eux. J'eus, en les voyant, le réel sentiment d'avoir, face à moi, "un couple"... et les beaux couples donnent de beaux portraits.
Je ne pus réaliser qu'une photo. Le maître me fit signe que le flash pouvait gêner le chien. Le temps de l'éteindre et d'en prendre une seconde à la volée (inexploitable...), ils avaient tourné le dos et se dirigeaient vers le concours.
Mais l'essentiel était fait.






chien battu




En sortant de chez Mondrian


En sortant de chez Mondrian


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Mars 2011. Je visitai l'exposition Mondrian / De Stijl au Centre Pompidou. La démarche est jusqu'au-boutiste : Au sortir de la première guerre mondiale, inventer une nouvelle grammaire formelle où la représentation du monde (et même au-delà) se résume à des lignes horizontales ou verticales, ainsi qu'à des à-plats de noir, de blanc et des trois couleurs primaires.
Donc, en sortant de chez Mondrian, "la tête pleine de petits traits", je me souvins de cette barre d'immeubles de La Défense, lorsque cette sensation de "lignes horizontales et verticales" m'avait arrêté. En retrouvant le fichier, les souvenirs se firent plus nets : Ce défi que je m'étais lancé de ne la réaliser qu'en une seule prise et le temps passé à la construire, à en peaufiner l'exposition et le cadrage.
Les EXIFS m'apprennent qu'elle datait de deux ans. Les souvenirs de certaines photographies s'ancrent profondément et ne demandent qu'à resurgir au gré des convergences de sensations ou de sentiments.
Merci M. Mondrian.


Est-ce fini ?


Dessinateur au musée du Louvre



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France - Paris - Musée du Louvre
J'ai mis longtemps à comprendre pourquoi cette photographie me plaisait tant. Son intérêt ne tient ni à sa composition, ni à son sujet, ni à l'équilibre des lumières qui, ici, sont très banals.
Dans l'introduction de son "Histoire de l'Art", Ernst Gombrich écrit : "Ce qui fait le souci de l'artiste lorsqu'il imagine son tableau, lorsqu'il fait son esquisse, lorsqu'il se demande si son oeuvre a atteint son point d'achèvement, c'est quelque chose de beaucoup plus délicat à traduire par des mots. Peut-être se demande-t-il, tout simplement, si cela "va comme ça". Il se pourrait donc que j'aie saisi cet "instant", si particulier, lorsque l'artiste prend du recul et évalue ce qu'il est train de créer. Peut-être notre dessinateur lève-t-il son carton en se demandant : "Est-ce fini ?"  "Est-ce que cela va comme ça ?"... Cette même question que je me pose quand je m'éloigne de mon écran pour savoir si l'image que je suis en train de retoucher "va comme ça".
J'aime donc - malheureusement - cette photographie parce que j'imagine avoir capturé un instant que les "artistes" ressentent profondément et qui me fait sentir "de la famille". Une photographie qui, du coup, trouve grâce à mes yeux sur la base de critères un peu prétentieux et très égoïstes !



Dans la série, la photo n°1 donne un dessinateur flou car l'autofocus a privilégié la zone centrale. J'aurais dû me méfier.
Les 2 et 3 sont mes tentatives pour avoir le dessin et la statue-modèle. Mais je ne pouvais pas prendre plus de recul et je n'avais qu'une focale 50 mm fixe.
Les 4 et 5 sont les deux consécutives que j'ai prises au moment du lever de carton.
La 6 donne la fin de l'histoire ! Elle est prise trois minutes plus tard, de face, cette fois. Notre dessinateur est toujours à son travail. Donc, "ce n'était pas encore fini".


La grille du Passage Richelieu



La grille du passage Richelieu


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France - Paris - Passage Richelieu
Construire ce type de photographie, très graphique, me laisse souvent de bons souvenirs.
Je rejoignais la place du Carrousel par le Passage Richelieu. Je vis ce jeu d'ombres provoqué par le soleil rasant qui s'y engouffrait. J'avais un peu de temps pour jouer avec cette jolie lumière... mais pas trop car le soleil n'allait pas tarder à disparaître derrière le Pavillon Lesdiguières du Musée du Louvre. Les zones d'ombre et de lumière, très tranchées, donnaient à l'image une telle dynamique que la bonne exposition demanda quelques tâtonnements. (Vivent les histogrammes des  numériques.) Le cadrage s'imposa "naturellement". Le tout fut de trouver le bon équilibre entre :
  • les verticales de la grille (à droite) et du bord de l'escalier (à gauche) ;
  • les horizontales des marches et celles des ombres projetées.

Parmi mes différents essais (ci-dessous) avec "plus ou moins de grille" et "plus ou moins d'escalier", le n°5 me parut le mieux composé.
Pour la petite histoire, si la n°4 est plus sombre que les autres, c'est à cause d'un nuage qui est passé tranquillement devant "mon" soleil.



Dix minutes plus tard, le soleil avait totalement disparu, et cet éclairage si particulier avec lui.

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Le mime Paul (2)



Le mime Paul


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Paris - Boulevard Hausmann - Le mime Paul au garde-à-vous (Paul the mime at attention)
Les enfants se sentent à l'aise avec les artistes de rue. Ils sont curieux et évaluent encore imparfaitement la connotation sociale que contient la distance entre deux personnes... Rien n'est effrayant dans l'apparence du mime Paul et, surtout, débout sur sa scène de 1m², il laisse à ses spectateurs la liberté de choisir la distance "qui leur semble la bonne". Je vis cet enfant sortir spontanément de l'assistance pour approcher ce grand bonhomme bleu. Deux spontanéités se sont alors rencontrées : celle de l'artiste ; celle de l'enfant.
Je n'étais pas très bien placé. Le temps que je fende un peu la foule pour me repositionner, la rencontre débutait. Paul se mit au garde-à-vous devant l'enfant aussi immobile que lui. Mon appareil m'apprend que (seulement) vingt secondes séparèrent les cinq photos ci-dessous.



La première est de loin la meilleure ! Elle seule contient cette tension pleine d'humour entre les deux artistes. L'enfant ne bougea pas durant ces vingt secondes !
Si vous voulez contacter Le Mime Paul, son mail est sur la photo ! (lemimepaul@gmail.com)

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Le mime Paul (1)

Paris - Boulevard Hausmann - Le mime Paul.
Paul the mime.


Le mime Paul

Contrebasse

France - Paris - Musée du Louvre


Psyche ranimée par le baiser de l'amour

France - Paris - Musée du Louvre - Psyche revived by the kiss of Love (Antonio Canova)




Buste d'Antinous

France - Paris - Musée du Louvre - Antinous torso

La nymphe au scorpion

France - Paris - Le Louvre - The nymph with the scorpion - Statue de Lorenzo BARTOLINI

La nymphe au scorpion Lorenzo Bartolini





Pluie sur la place Pigalle

France - Paris - Place Pigalle sous la pluie

Flaque - Puddle

France - Paris - Place de La Concorde



Fin de manif

France - Paris - 28 octobre 2010 - End of demonstration







Jean et Hans

France - Paris - 28 octobre 2010 -
Jean-Baptiste (left) & Hans (Right) - Pendant la manifestation parisienne du 28 octobre, contre la réforme des retraites.

Written on the placards (left picture) :
  • "A brutal unworthy authority"
  • "If the people doesn't suit, change of people (according B. Brecht).
Written on the placards (right picture) :
  • "What have you done with France Sarkozy ?"
  • "If the people doesn't suit, change of people (according B. Brecht)"





    Z'amoureux

    France - Paris -




    Le bébé

    France - Paris - Mamma mamma - Gaetano K. Bodanza







    Des moments rares...

    France - Rouen





    Mon ange

    France - Dieppe - Festival international de cerf-volant -





    Joueurs d'échecs

    France - Paris - Jardins du Luxembourg












    Crème

    Paris - France